Comment clasher la maladie

Je viens de finir une BD, Punk à sein de Magali Le Huche.

Je lis très souvent des témoignages de maladies en BD, je pourrais en faire un très gros article. (Un jour. En attendant je vous en mets quelques-uns à la fin).

L’autrice parisienne raconte son cancer du sein, sans utiliser les termes de “warrior”, ce genre de vocabulaire malvenu quand en vérité c’est la loterie devant l’issue.

Les phases de tout va bien aller, les phases où l’on fait semblant, celles où l’on est au fond du bac : tout est abordé, qu’est-ce qui fait mal, le rapport à son corps, les regrets. Les chirurgiens cons, ceux qui sont super, la salle de réveil.

Le fantôme de la mamie qui a eu un cancer jeune, qui n’en a jamais parlé et toute cette honte qu’elle portait. C’était pas mieux avant, non.

Les proches de Magali sont super, mais elle croise et raconte des patientes qui se font larguer illico.

(D’ailleurs, les statistiques de séparation selon le genre n’ont pas l’air si tranchées que ça. Mais si quelqu’un peut m’aider à comprendre ces pourcentages…).

Les passages les plus sympas sont sur ses copines de cancer et leurs “cafés nichons”. Tout de suite, une vieille amie l’appelle, une autre amie la met en relation avec une amie à elle. C’est tout bête, mais je n’aurais pas eu spontanément l’idée.

Le titre a un sens particulier : j’ai mis les Clash en fond, obligée. Quand certain’es se tournent vers la spiritualité, l’autrice évacue son trop-plein avec le punk. Et avec l’histoire des Clash, qui s’élevaient contre les injustices sociales. C’est inattendu, parler frontalement politique et musique dans ce genre de témoignage.

Les remerciements finissent sur l’importance des services publics. “Vive l’hôpital public”.

Que survivent les services publics à cette BD de 2025, ce serait bien, oui.

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Les BD de témoignages qui me viennent à l’esprit :

Globules et conséquences de Catherine Pioli. Sur sa leucémie, c’est très pédagogique et j’aime beaucoup le ton et le trait.

Le très connu mais finalement pas tant que ça (offrez le aux soignant’es autour de vous…) Goupil ou face de Lou Lubie sur la cyclothymie et la bipolarité. Ici aussi, très pédagogique. Et pas un ton lourd. (Journal d’une bipolaire est bien plus rude à lire mais témoigne d’une expérience plus floue du diagnostic).

Sur le diabète, L’escroqueuse est magistral. Expérience individuelle avec les effets secondaires et la difficulté des symptômes, le déni… Mais aussi la mainmise des laboratoires sur les traitements et toutes les injustices engendrées. Ça parle du diabète de type 1, celui qu’on a enfant (le type 2 étant acquis adulte).

Et je finis, malgré de nombreuses tentations (je n’ai qu’à jeter un oeil sur mes étagères) par les BD de Juliette Mercier sur sa maladie de Crohn. Beaucoup d’humour de dérision, mais pas de voile pudique sur les symptômes et leur impact.

Bonnes lectures !