Darby et moi

Je suis tombée par hasard sur Love Life via Netflix. Une série avec Anna Kendrick ? Let’s go !

Je pourrais dire que Netflix a d’abord lancé la deuxième saison SANS Anna Kendrick (scandale!), que je trouve cette actrice choue même si je ne l’ai vue que dans Twilight et le truc avec les chorales chelous. Mais allons droit au but.

Il y a tout un épisode sur l’héroïne Darby à 14 ans, qui se prend un méga râteau et dont la mère a des paroles si maladroites qu’elles en sont rudes. Retour à sa vingt-trentaine, où elle va voir une psy parce que son mari profite d’elle. Ladite psy lui demande de réfléchir à pourquoi Darby pense ne pas mériter d’être aimée. Premier coup de pied dans ma face.

Ensuite, sa mère vient l’aider après une appendicite, est envahissante et self-centered, et elle propose d’aller passer du temps ensemble… Chercher un matelas pour son fils-le petit demi-frère adoré. Darby se retrouve à pleurer en disant que personne ne lui a jamais acheté de matelas.

Pourquoi je me retrouve à pleurer avec la Darby de 20 et de 14 ans, qui n’avons pas pu régler une fois pour toute, merde de balai à chiottes, ces failles ridicules de se sentir moins aimées, pas considérées voire carrément oubliées ? Pourquoi quand je raconte des trucs comme ça, c’est en plus aujourd’hui encore, minimisé ? “Je ne m’en souviens pas” (zut), tu exagères (évidemment).

C’est super pratique maintenant que la phrase “Tu es folle, ma fille” est devenue vraie. Une belle prophétie. Dans le mille. Quelle ironie. La souffrance est une folie, une exagération. Les faits sont “ton interprétation”, encore presque vingt ans plus tard.

J’ai souvent des souvenirs avec beaucoup de contexte, assez précis. Pas celui-là. Je me souviens juste qu’on était autour de la table. Qui était là ? Toute la fratrie, une partie ? Qui s’en souvient ? J’ai envie de rire jaune à cette question. Je ne sais pas ce que j’étais en train de dire, probablement un reproche.

C’est un gros défaut, je retiens tout dans ma mémoire, je retiens tout ce qui me fait douter de ma sécurité, contre la personne. Et je ne sais pas me taire, être discrète, enfouir.

Je ne sais plus quel âge j’avais. J’étais déjà grandie, 15, 20 ans ? Je comprends pourquoi je ne me souviens pas de ce que j’ai dit avant, tellement la réponse semble disproportionnée. Qu’est-ce qui s’est passé ensuite, ai-je réagi ? Je n’ai aucun souvenir, et je déteste ça.

J’aime avoir raison sur les faits et qu’ils soient détaillés, contextualisés, donc incontestables. Peut-être que c’est ma façon de garder le contrôle. Peut-être que c’est pour me dire que je ne suis pas folle.