Fournée de Bédés
J'ai terminé trois BD dont j'ai bien envie de vous parler. Surtout que j'ai fini par la plus mignonne, ça m’a motivée.
Si vous préférez en savoir le moins possible avant de les lire, comme moi, ne lisez que le premier paragraphe pour chaque ouvrage :)
[Cet article évoque la santé mentale, de la violence parentale, des hospitalisations et des violences auto infligées pour les deux premières BD.]
D'abord, Qu'est-ce qui monte et qui descend, chroniques d'une borderline de KNL. Davantage un ouvrage illustré qu'une bande dessinée, c'est un récit autobiographique introuvable sur le site de l'éditeur Hachette. Le site web de l'autrice est aussi introuvable. J'espère qu'elle va bien, parce qu'elle est borderline. Ça veut dire qu'elle traverse des hauts et des bas très intenses, jusqu'à l'extrême. Une tendance à penser en noir ou blanc, un ami qui ne répond pas aux messages dans l'heure, c'est forcément qu'il ne l'apprécie plus. Tous ses symptômes, KNL les décrit super bien.
Elle parle des hospitalisations, des aspects légers du genre les blagues avec les soignant'es. Mais aussi la maltraitance de l'institution en France, quand en 2014 encore le téléphone est confisqué, le pyjama obligatoire, une visite par jour... Dans les points positifs, elle a rencontré de bons médecins et un équilibre médicamenteux. Enfin, équilibre fragile mais beaucoup d'espoir, toujours. Je suis assez étonnée qu'elle ne soit pas tombée sur des soignant'es maltraitant'es, en tout cas ce n'est pas évoqué. Elle ne relate aucun entretien médical d’ailleurs.
La chance qu'elle a et que de nombreux patients n'ont plus, c'est sa mère et son compagnon qui sont des soutiens indéfectibles. (Ce qui ne veut pas dire qu’elle devrait aller mieux que ça comme on peut parfois l’entendre).
Des discussions entre patient'es hospitalisé'es, ressort quelques indiscrétions mais surtout du soutien. (Déballer sa vie entière dès la première minute, c'est ce que j'avais constaté aussi, mais avec des horreurs au passage qui me hantent encore.)
Cette BD est très colorée et belle. Elle est aussi didactique (c'est à dire qui vise à instruire, je ne suis jamais au clair avec ce mot et c'est un peu ironique). Je la recommande, si vous la trouvez en bibliothèque vu que je ne sais pas si elle est disponible en rayon.
Passons à Chère Maman, les mères aussi peuvent être toxiques. De Sophie Adriansen et Melle Caroline (allez lire ses BD autobiographiques c'est absolument génial), le titre parle de lui-même.
Alix l'héroïne est assez effacée devant sa mère, qui la rabaisse tout le temps. Elle n'a pas les ressources pour se mettre les mots sur son comportement et elle lui trouve des excuses.
Mais à force d'entendre le fameux “On n'a qu'une mère” dont il faudrait s'accommoder de tout, elle se met, très progressivement, en colère. Là j'ai commencé à respirer, parce qu'au début j'avais envie de hurler.
Facile à dire, hein ? Quand on arrive 35 ans après et qu'on regarde ça de l'extérieur, qu'on a pas grandi avec. Les autres membres de la famille ne se rendent d'ailleurs pas compte du traitement que la mère inflige à sa fille. Et d'autant plus parce que c'est à cette fille-là.
Enfin, je devais finir avant le reste de ma pile L'amourante, parce que quelqu'un d'autre l'a réservé après moi à la bibliothèque. Quel chouette non-choix ! Ça parle d'une jeune femme, Louise, qui ne vieillit plus tant que quelqu'un l'aime.
C'est un peu Entretien avec un vampire où l'on traverse les siècles avec pertes et fracas. Mais du point de vue d'une femme , ça n'est pas la même expérience, qui l'eût cru. Et ça commence plus tôt dans l'Histoire. Qu'est-ce que c'est beau, tous ces paysages et ces voyages! Son amour de l'art aussi, de l'écriture de contes aux marionnettes.
Mais évidemment on se pose la question de qu'est-ce que c'est d'être humain, comment on vit en trompant les gens éternellement mais qu'on a une âme, enfin quelques scrupules.
Je me retrouve dans ce personnage assez froide, très blasée, peu intéressée par la passion qui porte nombre de ses congénères.
Et pourtant, c'est un bonbon parce que même si je ne suis quasi jamais amoureuse, j'aime les romances et mon cœur a craquelé avec Louise.
Bonnes lectures !