Le spleen n'est plus à la mode
[Je parle d’idées noires]
Répit. Le médicament du matin n’est plus là. A moins que ce soit juste mon horaire habituel de clarté mentale.
C’était bien, ces deux-trois semaines à fond les ballons. Je ne listerai pas tout ce que j’ai fait, de raisonnable à déraisonnable. Par exemple, m’inscrire sur 2 cours différents de sport, pour reprendre doucement… vraiment ? Y en a un qui m’a tuée, au passage. On va se contenter des étirements merci.
Et même les étirements, c’est vertiges et compagnie. C’est revenir en trottinant quelques mètres sous la pluie parce que je me fais arroser par les voitures, au bord du malaise.
Le fossé entre ce que je pouvais faire avant, il y a quelques années, et maintenant quand l’épuisement frappe, est cruel.
Les phases up me redonnent de l’énergie mais m’enlèvent du sommeil, et en une semaine j’ai l’impression de devenir un cadavre. La Fatigue me rattrape et rend ce plaisir fugitif. J’ai eu “de la chance” que ça dure si longtemps cette fois.
Le contrôle que j’avais sur mon corps, que je pensais avoir sur mon esprit, n’est plus là. Grève.
Que je pensais avoir. Je pensais aller bien, vraiment, quel kif, je peux bouger, j’organise plein de trucs, je passe par quelques monts et vaux et j’admire la neige au passage.
Madame veut quand même me voir chaque semaine. C’est risible, je ne vais pas si mal. Je ne prends pas les ponts pour des solutions, je ne fais pas de crise d’angoisse tous les deux pas.
J’ai juste écrit, dans une tentative de noter des trucs cools que j’ai envie de faire dans ma vie, que je ne méritais rien et surtout pas d’être heureuse. Franchement, pas de quoi se formaliser. Je vis comme ça depuis si longtemps, c’est mon normal à moi.
Parce que j’ai un catalogue de situations improbables autour de moi ou avec moi, je n’arrive pas à comprendre la vie intérieure des gars qui pensent que les merdes n’arrivent qu’aux autres et que je me prends la tête pour rien.
Ce trou noir qui aspire tout réconfort.
Et parfois, une petite chanson qui n’a l’air de rien. Elle me comprend, elle fait sortir un mélange de douleur et de douceur ensemble, il y a un peu de lumière et de vie.
Angèle, “Tout oublier”
November Ultra, “November”
Pauline Croze, “T’es beau”
Manu Chao, “Minha Galera”
Emma Peters, “Clandestina”
The Cranberries, “No need to argue”